Nous partageons l’excellent article signé par le Dr Miguel Ángel Rodríguez Mackay, l’un de nos éminents membres du Conseil consultatif académique du Comité euro-américain Digital Law

José Gabriel Condorcanqui, Túpac Amaru II, un jour comme aujourd’hui de 1780, dans la ville de Tinta (Cusco), a pris la tête de la rébellion la plus retentissante de la vice-royauté contre les abus du corregidor Antonio de Arriaga. Aucun épisode historique n’a laissé une empreinte plus forte dans la protestation en faveur de la dignité de l’indigène, méprisée depuis l’époque de Ginés de Sepúlveda, qui lui déniait une âme, à l’inverse de la défense qu’en fit Bartolomé de las Casas, surnommé l’« Apôtre des Indiens ». Le cacique de Tungasuca, Surimana et Pampamarca, également appelé inca – il était le petit-fils de Túpac Amaru I, dernier inca de Vilcabamba -, n’était ni un antisystème, ni un agitateur, ni un anarchiste : le présenter comme tel relève d’une grave erreur de conceptualisation historique. Il naquit et grandit dans le confort d’une vie essentiellement syncrétique, aussi créole dans son estime pour l’importante culture espagnole qu’assumée dans ses indéniables racines précolombiennes.

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